Avec ses plages magnifiques et ses décors paradisiaques, l’Ile de la Réunion est devenue en moins d’une décennie la première destination mondiale des attaques de requins. Mais doit-on réellement en avoir peur ?

Qu’est ce qui explique cette crise ?

 

  • La réserve marine :

Créee en 2007 pour protéger l’écosystème marin, elle s’étend sur une surface de 35 000 hectares sur toute la côte Ouest de Saint-Leu à Saint-Gilles, où sont localisés la plupart des spots de surf. Toutes pêches sont interdites dans cette zone et les pêcheurs la considèrent comme un garde-manger pour les requins Tigre et Bouledogue, espèces responsables des attaques.

Ces requins sont devenus sédentaires: il ne vivent qu’a un seul endroit. Le fait qu’ils se soient appropriés ce territoire explique les attaques dans ces zones.

  • L’arrêt de la pêche du requin :

Autrefois, pêcher et consommer le requin faisait partie de la culture Réunionnaise. Cette coutume s’est arrêtée depuis la détection d’une toxine dangereuse «la ciguatoxine», transmise à l’homme par la consommation de sa chair. L’arrêt de la pèche du requin a entrainé une augmentation de sa population. Ne sentant plus le danger, la population des squales a augmenté.

  • Le changement climatique

Le réchauffement climatique à bouleversé l’écosystème naturel de la Réunion.

« Aujourd’hui la saisons des letchis commence en Octobre, et se termine en Décembre alors qu’avant la saison démarrait au plus tôt en fin Novembre pour se terminer en Janvier. Nous avons des saisons cycloniques qui démarrent de plus en plus en avance et qui sont de plus en plus intenses » Nous explique un agriculteur de la Petite-Île 

Plus visibles sur la terre qu’en mer, les changements climatiques ont aussi des conséquences sur l’écosystème marin. Les requins se reproduisent en hiver. Pendant cette période, la femelle est en quête de nourriture et devient plus agressive. C’est ce qui peut expliquer certaines attaques. 

Comment la Réunion s’adapte face à cette crise requin ?

N’étant pas habituée à ce risque, la Réunion prend exemple sur des pays plus expérimentés dans le domaine comme l’Afrique du Sud ou l’Australie. 
Le département a mis en place plusieurs actions :

L’installation de filet de sécurité

Sur la plage de Boucan Canot, une première mondiale en 2015. Long de 680 mètres sur 11 mètres de profondeur, il a été une solution à court terme, à cause de la houle, les filets se déchiraient.

Cependant certaines plages comme celles de l’Étang-Salé sont sécurisées par des filets plus courts et restent opérationnels

filet de pêche blanc

Le prélèvement de requin

Dans un but scientifique, pour comprendre le comportement des requins, la pêche de requin a été reprise.

 

La présence de signalétique sur les zones à risques.

On peut observer des nouveaux panneaux d’alerte dans le décor Réunionnais comme « danger requin ». Le but est de rappeler à toutes personnes qu’un lieu peut être potentiellement dangereux par la présence de squales. 

L’application Dorsal : une application libre où tout le monde peut signaler la présence de requin

En 10 ans, l’île Intense a eu la réputation de l’île Requin. Cette mauvaise publicité à l’échelle internationale a poussé les Réunionnais à s’adapter et à vivre avec le risque requin. Bien que le danger soit présent, il est toujours possible de profiter des plages en toutes sécurités.

En dehors des plages, l’Ile a plein d’autres atouts et offre une expérience aux touristes par sa culture, ses montagnes, ses paysages, sa gastronomie et ses activités. Avec la crise requin, l’île de la Réunion est devenue l’île la plus intense du trapeze des Mascareignes.